Ce qui va suivre est la synthèse de mon dernier épisode de Podcast. Le plus simple est encore d’aller l’écouter, de t’abonner au podcast, et de le partager SANS MODERATION !
Salut, et bienvenue dans ce nouvel épisode, et dans ce qui termine ma série capsule de 3 épisodes spéciaux.
Dans le 1er, je t’ai présenté mon bilan du podcast, dans le second, je t’ai parlé du présent, de mon présent, et un petit peu de l’avenir… Eh bien nous y sommes, l’avenir très proche, puisque je publie un second roman ! Il s’intitule “Ce qui nous emporte”, publié aux Editions Hugo Stern, et sa sortie est prévue dès le mois de novembre 2026 ! Oui, c’est allé super vite, j’en suis la première surprise, et je me suis dit qu’il fallait bien un épisode de podcast complet pour te raconter tout ça… C’est parti !
Futur : je veux d’abord te confier mes doutes
Écrire un deuxième roman après avoir publié le premier… ce n’est pas exactement comme écrire son premier roman.
Pour le premier, j’ai réalisé un rêve de gosse, et je suis très fière de ça d’ailleurs. Pour le deuxième, je me demande surtout si je suis capable de recommencer. Et accessoirement si quelqu’un aura envie de le lire. Et là, tout de suite, je vais te faire une confidence : je crois que j’ai plus peur pour la sortie du second que pour celle du premier !
Pour le premier, tu as l’aboutissement, le rêve, l’espoir… Tout ce qui fait l’excitation d’une première fois. Pour le second, c’est un autre ressenti. Du type est-ce que je suis capable de le faire une seconde fois ? Est-ce que des gens auront envie de me lire à nouveau ? Et est-ce qu’ils ne seront pas déçus par rapport au premier ? Mais bon, la technique de l’autruche ne fonctionne pas, je dois donc lâcher prise.
Voilà pour mes doutes du moment !
Je te propose une articulation progressive sur cet épisode, en commençant par te dire de quoi ça parle, pourquoi j’ai écrit cette histoire, comment je l’ai écrite, la thématique profonde, le ton du roman, le choix du titre, et je finirai par t’en lire un petit extrait.
Futur : de quoi parle « Ce qui nous emporte » ?
C’est le délicat exercice de la promotion : je dois te donner envie d’en savoir plus sur cette histoire…
Tout d’abord, c’est un roman choral, c’est à dire qu’il met en scène plusieurs personnages principaux. Il raconte trois trajectoires, celles de Pauline, Lisa et Marc, tous les trois dans la fleur de l’âge, aux alentours de la quarantaine. Je tiens tout de suite à dire que ce n’est pas une autobiographie. J’avais eu des remarques du genre sur mon premier roman : oui je m’inspire d’émotions, de ressentis, d’anecdotes vécues ou racontées, mais ce n’est pas ma vie dans ce roman.
Donc, trois personnes qui arrivent, chacun à leur manière, à ce moment un peu étrange de la vie où l’on commence à regarder derrière soi… Et devant soi… Et où l’on se demande : « Bon. Et maintenant ? ». Parce que je crois que nous sommes tous traversé, à un moment de notre vie, par ce sentiment étrange d’avoir fait ce que l’on attendait de nous, et de se demander ce que l’on voulait vraiment soi. Nos trois personnages sont pile-poil là-dedans !
Pauline est mère de trois enfants, mariée, elle travaille dans une agence de communication. Sur le papier, tout va bien. Mais à l’intérieur, quelque chose bouge. Elle se demande ce qu’elle est devenue, ce qu’elle voulait devenir, ce qu’elle a construit… et surtout ce qu’elle veut encore vivre. Lisa, elle, traverse ses propres questionnements. Une belle réussite professionnelle, un beau mariage, un projet bébé en route… Et pourtant, la courbe va se tendre. Un moment de bascule qui va tout bouleverser et tout remettre en perspective. Il y a Marc, le frère de Pauline. L’éternel célibataire a la vie professionnelle accomplie, visiblement bien dans ses baskets, sarcastique, un peu cabossé, et avec cette capacité assez remarquable à faire semblant que tout va très bien alors que… bon… pas forcément. Et puis il y a Marthe, leur grand-mère, morte quelques années auparavant. Et pourtant, elle est présente dans toute l’histoire. Pas comme un personnage qui débarque au milieu du salon pour raconter sa vie, rassure-toi, ce deuxième roman ce n’est pas un remake Ghost !
Son histoire va s’entrechoquer au présent avec la leur. Une autre époque, une autre femme, des secrets, des non-dits… Et évidemment certaines révélations vont venir bouleverser la manière dont les personnages regardent leur propre histoire. Je n’en dirai pas plus, parce que j’ai envie que tu découvres !
Mais ce que je peux te dire, c’est que ce roman parle de famille, de transmission, d’identité, de choix, de renoncements, de désir, de ce que nous construisons… et de ce que nous imaginions construire. Et surtout de ces moments où quelque chose nous pousse à nous regarder en face.
Futur : pourquoi est-ce que j’ai écrit cette histoire ?
Alors là… On arrive au vrai sujet. Parce que ce livre n’est pas autobiographique, comme je te le disais à l’instant. Pauline, ce n’est pas moi. Lisa, ce n’est pas moi. Marc, ce n’est pas moi. Ce livre n’est pas ma vie. Mais il est né d’un endroit très personnel. Il est né de cette période un peu particulière où tu commences à regarder ta vie avec un œil différent. Tu as construit des choses. Une famille. Un couple. Un travail. Une maison. Des habitudes. Des responsabilités. Tu as coché des cases. Certaines que tu avais choisies. D’autres un peu moins. Et puis, un jour, tu lèves la tête et tu te demandes : « Attends… c’était ça, le plan ? ». Et le problème, c’est que personne ne t’explique vraiment quoi faire après cette question. Parce qu’on parle beaucoup de la construction de la vie.
Les études. Le boulot. Le couple. Les enfants. La maison. La carrière. Tout ça. Mais beaucoup moins du moment où tu regardes tout ce que tu as construit et où tu te demandes si ça te ressemble encore. Et je crois que c’est ça qui m’intéressait. Pas la crise de la quarantaine au sens caricatural. Pas le fameux : J’ai quarante ans, je plaque tout et je pars ouvrir une librairie – ébénisterie qui fait du thé Matcha au Portugal ! Ce qui m’intéressait, c’était cette sensation beaucoup plus diffuse. Le doute. Le bilan. Les envies qu’on avait mises de côté. Les chemins qu’on n’a pas pris. Les vies qu’on s’étaient imaginées. Et cette question : Est-ce qu’il est trop tard pour changer ? Et surtout : Est-ce qu’on peut encore devenir la personne qu’on n’avait pas prévu de devenir ?
Voilà.
C’est probablement de là qu’est né ce roman. Et je crois que c’est aussi pour ça que j’ai eu besoin de plusieurs personnages. Parce qu’on ne vit jamais une même histoire de la même manière.
Futur : comment j’ai écrit ce deuxième roman ?
Alors… Là, je vais être honnête. Mon premier roman, je l’ai imaginé pendant presque 10 ans avant de prendre mon courage à deux mains, et l’écrire. Celui-ci, il m’est un peu tombé sur la figure sans que je n’aie trop rien demandé, et il m’a fait un bien fou. Je l’ai écrit à une période de ma vie où j’étais moi-même en proie à tous ces questionnements, où d’autres personnes de mon entourage étaient elles aussi dedans, et finalement, partager tout cela avec mes personnages, cela m’a aussi aidé à les traverser.
Ce roman, je l’ai écrit en quelques mois, au milieu de l’année 2024. Il n’avait d’ailleurs pas cette fin, et il était peut-être un peu plus trash à certains égards. Je ne l’ai pas assumé, et je l’ai enterré. Il me renvoyait à une période difficile, et je ne comptais rien en faire. Il m’avait fait du bien à écrire, point. Les mois ont passé, mon premier roman a fait son chemin, et j’avais la question des lecteurs « et le prochain, on pourra le lire quand ? ». Alors j’ai repensé à ce second roman, et j’ai commencé à en discuter, à l’assumer un petit peu plus.
Finalement, au moment où j’ai décidé d’assumer mes choix dans ma vie personnelle, je me suis dit que ce projet avait peut-être un avenir également. Et en début d’année 2026, je l’ai retravaillé, je l’ai proposé à mon éditeur, et nous y voilà !
Maintenant, mes doutes, comme je te l’exprimai en intro. Pour le premier, j’avais une liberté absolue : Je n’avais rien à perdre, j’écrivais mon premier roman, c’était un rêve, un défi, que je me donnais les moyens d’accomplir. Je pouvais être nulle. Je pouvais me tromper. Je pouvais recommencer. Personne ne m’attendait. Personne ne pouvait se dire : « Alors, voyons voir si elle fait mieux que le précédent. ».
Pour le deuxième, cette petite voix s’installe tranquillement.
Et elle commence à dire :
« Et si les gens préféraient le premier ? »
« Et si ça marchait moins bien ? »
« Et si ça ne touchait personne ? »
« Et si ton éditeur était déçu ? »
« Et si tes lecteurs étaient déçus ? »
« Et si toi-même, tu étais déçue ? »
Voilà. Bienvenue dans la joie de la création artistique !
Bon, ce qui me rassure un peu, c’est qu’il a été lu par un petit groupe de bêta-lecteurs, et qu’il a reçu un accueil chaleureux. Retours qui m’ont d’ailleurs aidé à le retravailler.
Et puis finalement, je ne joue pas ma vie, et ma maison d’édition a fait un très jolie travail sur la couverture, donc ça fera à nouveau un objet décoratif tendance chez toi si tu n’apprécies pas sa lecture !
Futur : pourquoi un roman choral ?
C’est une des différences avec mon premier roman. Demain sera mieux qu’hier avait une construction distincte, il y avait une transmission entre deux générations, mais là, j’avais vraiment besoin de plusieurs voix.
Parce que je voulais pouvoir entrer dans la tête de plusieurs personnes. Et leur donner à chacun leur propre vérité. Et puis l’évolution d’une famille, c’est quand même assez fascinant. Tu peux avoir vécu exactement les mêmes événements que ton frère ou ta sœur… Et avoir l’impression d’avoir grandi dans une famille complètement différente.
Chacun a sa mémoire. Ses blessures. Ses interprétations. Ses silences. Ses secrets. Et parfois, chacun raconte la même histoire… mais pas du tout avec les mêmes mots. C’est ça qui m’intéressait. Et puis il y avait Marthe. Son histoire qui raisonne dans le présent. Cette femme qu’on découvre progressivement sans jamais vraiment pouvoir la saisir complètement. Parce que les générations précédentes nous laissent énormément de choses. Des objets. Des photos. Des habitudes. Des phrases. Des blessures. Des secrets aussi.
Et parfois, on découvre qu’on connaît finalement très peu les gens qui nous ont précédés. On connaît leur rôle : La grand-mère. Le père. La mère. Le frère. La sœur. Mais pas forcément la personne qu’ils étaient avant de devenir tout ça. Et je crois que ça aussi, ça m’intéressait énormément. D’ailleurs j’ai même creusé le sujet sur le plan personnel pour ne rien te cacher, l’épigénétique me fascine ! Qui étaient-ils avant d’être nos parents ? Nos grands-parents ? Qu’est-ce qu’ils ont désiré ? Qu’est-ce qu’ils ont abandonné ? Qu’est-ce qu’ils ont tu ? Et qu’est-ce qu’ils nous ont transmis sans même le savoir ?
Et finalement, c’est là le lien avec mon premier roman : nous sommes la somme de ceux qui nous ont précédé, demain sera mieux qu’hier, à condition de ne pas céder à ce qui nous emporte.
Futur : pourquoi ce titre ?
Transition parfaite pour te parler du titre ! Initialement, le titre que j’avais envisagé c’était “Le tourbillon de la vie”, le titre éponyme de la chanson du film Jules et Jim, parce que c’est celle que j’avais en tête quand j’écrivais le roman.
Oui, parce que, coulisse de ma vie d’artiste, j’ai besoin de me mettre dans ma bulle pour écrire, et soit c’est dans un environnement très bruyant que je trouve mon silence intérieur (j’ai par exemple écrit quelques chapitres en accompagnant ma fille dans un parc de jeux indoor pour enfants, tu sais, ceux où les décibels sont rarement inférieurs à 200 !), soit c’est dans un environnement super calme. Dans tous les cas, quand j’écris, je visualise les scènes comme au cinéma, avec la musique qui va avec, je suis Spielberg ! Bref, la voix de Jeanne Moreau est restée un moment dans un coin de ma tête, ça me semblait logique de lui en donner le titre.
Mais, hasard de la vie d’auteure, j’ai trouvé au moins deux romans existants avec un titre similaire, donc frustration comme quand tu découvres que le prénom super orignal que t’a donné à ton gosse et porté par 4 personnes dans son école ! Et puis ça ne fonctionnait pas quand j’en parlais. Quand j’expliquais le projet et l’intention littéraire, mes interlocuteurs n’adhéraient pas au titre.
Je voulais quelque chose de percutant, mais qui porte aussi le mouvement… Et là, bim, éclair de feu, “Ce qui nous emporte” ! J’ai eu l’impression que tout était là.
Parce que ce qui nous emporte, ça peut être quelque chose qu’on subit. Une épreuve. Une rencontre. Une émotion. Un événement.
Mais ça peut aussi être quelque chose que l’on choisit. Une envie. Un désir. Une décision. Un changement.
Et puis il y a ce « nous ». Parce que ce n’est pas l’histoire d’une seule personne. Ce sont plusieurs trajectoires. Plusieurs vies. Plusieurs façons de se débattre avec ce qui nous arrive.
Et puis j’aime bien cette ambiguïté. Est-ce qu’on se laisse emporter ? Ou est-ce qu’on accepte enfin de bouger ? Je te laisse avec la question. C’est cadeau.
Futur : Extrait lecture « Ce qui nous emporte »
J’aime bien ouvrir un livre au hasard, et lire la première page qui passe, mais je n’ai pas encore reçu mon précieux, donc je vais te lire les deux premières pages du premier chapitre, histoire de te donner envie de découvrir la suite…
Pauline, 25 septembre
15 h 12. J’étais là, installée au volant de ma berline familiale, toujours à courir après le temps, mes trois enfants à l’arrière, avec cette entêtante musique en fond sonore.
Libéréééééééeeeee, Délivréééeeeeee, je ne mentirai plus JAMAIIIIIISSSSS…
— Maman, plus fort la chanson, c’est la REINE des NEIGES !!!
— Noémie, ma puce, je conduis, et tu me casses les oreilles…
— Mais maman, c’est MA musique !
— Chérie, sois mignonne s’il te plait…
— MAMAN !!!! Paul, il me traite de nul !
— Oh pitié les garçons, ne vous y mettez pas non plus… Paul, arrête d’embêter ton frère ! Et Antonin, arrête de cafter à tout va… ALLEZ STOP, nous allons finir par avoir un accident de voiture les enfants !
Il y a des miettes de viennoiseries disséminées partout sur le sol de l’habitacle… Alexandre va encore râler, il ne veut pas que l’on donne à manger aux enfants en voiture, ça fait des saletés sur les tapis. C’est tellement plus facile de distribuer des consignes quand on a le luxe d’avoir du temps à perdre ! Il va falloir que je passe l’aspirateur en rentrant, ça nous évitera un drame conjugal inutile.
Je récite mentalement la liste des tâches qu’il me reste à accomplir aujourd’hui. Déposer les garçons à la piscine, emmener Noémie au centre équestre… Passer à la pharmacie acheter les médicaments d’Alexandre, gérer les courses… Puis retourner chercher les garçons, et ensuite au poney club pour récupérer Noémie… Rentrer à la maison, décharger et ranger les courses… Préparer le dîner… Ah oui, aspirer les miettes aussi… Lancer la lessive des affaires de sport…
15 h 15 … Le froid est pour moi le prix de la liberté !
Je n’en peux plus de cette MAUDITE chanson, elle va me filer une crise de psoriasis ! Et dire que j’ai pris mes mercredis pour profiter des enfants, parce que c’était plus simple comme ça… Encore une brillante idée !
— Maman, elle est chouette ta journée d’anniversaire avec nous, pas vrai ! s’exclame mon aînée.
— Oui ma puce, elle est super.
Je mens à mes enfants. Je leur ai raconté qu’un gentil bonhomme habillé en rouge emmenait des cadeaux à Noël, que la petite souris donnait de l’argent en échange de dents, que des cloches et un lapin balançaient du chocolat à Pâques… Je passe une journée d’anniversaire horrible, et je n’ai même pas le courage de l’avouer… Je suis une menteuse de compétition.
Je regarde mes trois miniatures dans le rétroviseur. Je les aime tellement, je pourrais tuer pour eux. Mais je partirais bien toute seule en haut d’une montagne, me construire une forteresse de glace moi aussi… Non je mens encore : je partirais sur une plage paradisiaque, seule, avec un bon bouquin et des cocktails !
Aujourd’hui, je célèbre mes 38 ans. Je n’aime déjà pas ce chiffre. À 36 ans je me sentais bien, mais depuis le passage à 37, je suis en plein rejet. Je pense que je fais un blocage. Mon corps tout entier fait un blocage, ma crème premières rides n’y suffit plus, et je multiplie les éruptions cutanées sur mes flancs depuis des mois. Un cadeau de ma première grossesse et de ma phase d’allaitement ratée, qui revient régulièrement à chaque période de stress. Autant dire que le psoriasis ne me quitte plus à présent.
Et voilà, merci pour ton écoute et ta curiosité.
Mon roman sort très exactement le 12 novembre prochain, et sera disponible sur commande chez ton libraire préféré dès cette seconde quinzaine de novembre. Idée cadeau de Noël parfaite ! Je vais d’ailleurs faire un petit concours sur Instagram prochainement, n’hésite pas à suivre ma page @lacheftaine.lemedia pour en savoir plus.
A très bientôt, ici ou ailleurs !






