Marie-Eglantine Delcher : la cuisine comme héritage, la persévérance comme moteur

Marie-Eglantine Delcher

Ce qui va suivre est la synthèse de mon dernier épisode de Podcast. Le plus simple est encore d’aller l’écouter, de t’abonner au podcast, et de le partager SANS MODERATION ! 

Chef cuisinier et chef d’entreprise, Marie-Eglantine a repris le restaurant familial La Passerelle à Perpignan. Fille unique, elle a été élevée à la danse classique, aux valeurs familiales, et au respect du terroir et du territoire. Devenue sommelière passionnée, elle a dû tout bousculer pour reprendre les rênes du restaurant, seule. Elle est passée de la salle aux fourneaux, et a alors pris conscience que les années à regarder son père « créer le bon » étaient finalement sa véritable passion.

Marie-Eglantine partage un parcours de transmission, de reconversion et d’affirmation dans un univers encore très masculin. Dans cet épisode, elle raconte sa montée en légitimité, son rapport au travail bien fait et son nouveau projet autour du chocolat bean-to-bar, avec sa marque ORLE. Un témoignage sincère et solide sur la force de se réinventer sans renier ses racines.

Marie-Eglantine Delcher : une enfance au milieu des fourneaux, sans vocation immédiate

Marie-Eglantine n’a pas grandi avec un tablier autour du cou ni le rêve précoce de devenir chef. Pourtant, c’est dans l’arrière-boutique du restaurant familial La Passerelle à Perpignan qu’elle a vu le jour. Petite-fille du fondateur, fille unique d’un chef reconnu, elle a grandi entre les tables, les odeurs de cuisson et le potager des grands-parents. Mais à l’époque, son horizon était ailleurs : dans la danse classique, dans la musique, dans l’exigence d’un autre art.

Marie-Eglantine Delcher : d’un rêve à l’autre, de la danse au vin

Marie-Eglantine est une passionnée. Quand elle s’engage, elle ne le fait pas à moitié. Adolescente, elle vibre pour la danse. Mais la réalité familiale la rattrape : un jour, elle comprend que si elle ne reprend pas La Passerelle, l’aventure familiale prendra fin. Elle choisit alors de revenir. Pas pour faire la cuisine tout de suite, mais pour construire sa propre voie dans ce cadre : elle se forme en gestion, puis développe une expertise pointue en sommellerie.

Pendant quinze ans, elle explore le monde du vin en profondeur, littéralement. Elle va dans les vignes, observe les sols, taille, goûte, apprend. Une compétence rare, souvent négligée, qu’elle intégrera plus tard à sa cuisine.

Marie-Eglantine Delcher : un changement de vie qui redistribue toutes les cartes

Il y a quatre ans, sa vie bascule. Un changement personnel majeur — qu’elle évoque sans s’y attarder — l’amène à devoir reprendre l’intégralité de l’établissement seule. Gestion, cuisine, organisation, parentalité : tout repose sur elle. Alors, dans l’urgence, elle passe en cuisine. Par nécessité. Par instinct. Par survie, d’abord.

Elle achète sa première veste de cheffe. Un geste fort, symbolique. Jusqu’ici en retrait, elle n’a désormais plus le choix : il faut prendre la lumière, assurer le service, tenir la barre. Et elle le fait. Avec une détermination calme et solide.

Marie-Eglantine Delcher : s’imposer dans un monde masculin sans chercher le conflit

Marie-Eglantine ne brandit pas de drapeau, mais elle connaît les codes. Être une femme chef dans un monde encore largement masculin demande une énergie supplémentaire. Elle enchaîne les anecdotes révélatrices : ce client qui lui demande de saluer « le chef », alors qu’elle est en tenue face à lui ; cet autre qui lui assène qu’une femme n’a pas sa place en cuisine ; ou encore celui qui la sexualise en pleine salle… Il y a des maladresses et du glauque dans tout ça !

Elle ne cherche pas l’affrontement, mais elle ne se laisse plus démonter. Elle sourit, elle répond, elle s’impose. Son travail parle pour elle. Ses assiettes aussi. Et puis, avec l’expérience, elle gagne en confiance, et aujourd’hui, elle a la répartie pour remettre les malotrus à leur place !

Marie-Eglantine Delcher : un nouveau terrain d’expression, sa marque de chocolat ORLE

Toujours guidée par la qualité du produit et l’envie de comprendre, Marie-Eglantine a récemment lancé un nouveau projet : ORLE, une marque de chocolat bean-to-bar. Fidèle à sa démarche, elle part de la fève de cacao, qu’elle trie, torréfie et transforme elle-même.

ORLE n’est pas un écart de parcours, c’est une continuité. Comme en cuisine, elle va à la source, respecte la matière première, cherche l’équilibre et l’émotion dans chaque création. Aujourd’hui, les premières tablettes sont disponibles directement au restaurant, dans l’attente d’un site e-commerce.

Marie-Eglantine Delcher : transmettre plus qu’un lieu… des valeurs

Au-delà de l’entreprise, Marie-Eglantine élève seule deux garçons. Elle les embarque dans son quotidien, les laisse observer, toucher, goûter, participer. Son objectif n’est pas de les pousser à reprendre un jour, mais de leur transmettre une vision du travail, de l’engagement, de la persévérance.

Elle résume ainsi sa philosophie :
« Quand on a la tête et les mains, le monde peut s’écrouler, on peut le reconstruire. »

Ce n’est pas un slogan, c’est son expérience de vie.

Sa cuisine est profondément marquée par son parcours. Elle ne suit pas les tendances. Elle crée des accords mets-vins comme une évidence. Elle part du vin pour construire le plat — une démarche rare, inverse de l’approche traditionnelle.

Chaque ingrédient, chaque produit a son importance. Elle privilégie le végétal, le local, le respect du cycle des saisons. Elle cuisine avec le souvenir des mains de son père, avec les odeurs du potager de ses grands-parents, avec l’amour du geste transmis sans bruit. C’est une cuisine identitaire et sensorielle, respectueuses des produits du terroir et des circuits courts.

***

Marie-Eglantine ne cherche pas à briller. Elle cherche à faire bien. À transmettre. À tenir debout. Son parcours est tout sauf linéaire, mais il est cohérent, enraciné, et profondément libre. Ce qu’elle raconte, c’est la possibilité de se réinventer sans renier ce qui nous constitue. D’avancer sans forcément faire de bruit. Et de bâtir sa légitimité, un service après l’autre 😉

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