Femmes entreprenantes : Carine Roda, et la lumière fut !

Carine Roda LLUM

Nous revoilà pour parler de femmes entreprenantes, et Carine clôture ainsi ma série sur les changements de vie professionnelle, après Lucie et Lydie ! Chacune de ces femmes a engagé un virage professionnel, et te parler d’elles est aussi une façon pour moi de te prouver que oui, c’est possible ! D’ailleurs, avant cette série de portraits, il y avait déjà eu femmes parmi mes rencontres, qui témoignaient déjà de leur changement de vie professionnelle, telle que Lycia ou Laetitia, pour ne nommer qu’elles.

Carine, c’est un de mes coup de cœur de ces derniers mois ! Nous nous sommes (aussi) rencontrées dans le cadre de mes activités au sein des FCE. Carine, elle venait à reculons aux rencontres de l’association, se demandant bien dans quoi elle s’était encore embarquée… Et puis Carine s’est, tout comme moi, prise d’affection pour le groupe de femmes que nous sommes au sein de la délégation 66 ! Mais surtout, elle et moi avons fait équipe pour une soirée de blind test endiablé – où la victoire nous a d’ailleurs été volée !, ça créé nécessairement des liens !

Carine, c’est une main de fer dans un gant de velours : d’une douceur inégalable, il ne faut pas trop la chauffer quand même ! J’ai beaucoup discutée avec elle de crise de milieu de vie, de désir de changement, de courage de tout remettre en question, d’équilibre… Et je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison de garder ces discussions rien que pour moi ! Carine a brisé le plafond de verre, et rejoint le rang des associés d’une start-up, spécialisée en énergies vertes, un terrain où les femmes ne sont pas franchement attendues ! Et elle s’y est imposée en douceur, naturellement, et sans aucun heurt, fidèle à ses valeurs.

Je te propose donc le portrait d’une nouvelle femme entreprenante, tout autant inspirante, qui m’a aussi beaucoup aidé dans le dépassement de mon syndrome de l’imposteur.

Carine Roda : Présentation

Présente-toi : dis nous qui tu es, d’où tu viens et ce que tu fais ?!

Je m’appelle Carine RODA, j’ai 45 ans, je suis de la région de Perpignan, mais j’ai des origines espagnoles, et j’y tiens ! J’ai un fils de 11 ans et je vis en couple. Aujourd’hui, je suis directrice associée de l’entreprise LLUM, fournisseur local d’électricité 100 % verte, dont le siège social est à Céret.

Présente-nous ta vie professionnelle aujourd’hui : c’est quoi et depuis quand ?

LLUM est donc un fournisseur d’électricité, locale et 100 % verte. Mon associé et moi avons commencé à travailler sur le projet en septembre 2020, et nous avons démarré la commercialisation en juin 2021, après avoir obtenu l’accréditation spécifique du ministère, puisqu’il faut une autorisation administrative pour devenir fournisseur d’énergies.

En 2023, notre société fournit un peu plus de 6 000 points de livraison, sur le département des Pyrénées-Orientales, mais aussi à l’échelle de la région Occitanie. Sur ce dernier point, nous sommes soutenus par la région justement, qui nous accompagne depuis le début à travers sa branche transition énergétique et que nous avons souhaité avoir au capital. Ils nous ont alors demandé d’étendre le projet à l’Occitanie et c’est pour cela que nous débordons des limites de notre cher département des Pyrénées-Orientales !

Que faisais-tu dans la vie avant ce virage ?

Je travaillais dans le milieu de l’intérim, et j’ai été responsable d’agence de travail temporaire durant 15 ans. Je m’occupais de placer du personnel dans des structures, et j’avais la charge de développer la clientèle professionnelle et la gestion d’un centre de profits. Nous avons délégué jusqu’à 300 intérimaires.

J’ai pris beaucoup de plaisir à exercer ce métier durant 15 ans, et puis… je suis arrivée au bout de quelque chose… j’ai eu 40 ans aussi… et juste après le COVID, j’ai décidé de m’arrêter, parce qu’humainement, cela ne me correspondait plus.

Carine Roda : Evolutions

Et donc, comment passe-t-on des RH à la lumière, sans mauvais jeu de mots ?!

Eh bien, on se libère ! J’avais un ami, David, qui était initialement un de mes clients durant mes premières années de travail. Il était, à l’époque, responsable d’une agence d’installation électrique, et j’avais 25 intérimaires chez lui. Il est issu de l’électricité « chantier » à l’origine, et avait ce projet en tête depuis deux ans. Il m’en avait parlé bien sûr, et je l’avais d’ailleurs encouragé à poursuivre ses efforts. Je lui avais même dit que s’il cherchait des actionnaires, je le soutiendrais !

Eté 2020, il m’appelle, et il me dit « je vais monter mon projet » ! Et là, j’étais en cours de changement professionnel, de changement de vie, je n’avais pas la tête à ça, ce n’était pas le moment pour moi de m’engager.

Il me rappelle deux mois après, me disant qu’il avait besoin de quelqu’un de confiance, une amie, pour participer aux premières réunions de montage de la société. Je l’accompagne, mais je n’étais pas du tout dans une telle projection, je l’accompagne vraiment par amitié à la base. À ce moment-là d’ailleurs, j’envisage de développer une activité de coaching de chefs d’entreprise.

Je participe à plusieurs réunions, il se passe deux mois environ, et puis il finit par me dire « de toute façon tu vas venir travailler avec moi, et non seulement nous travaillerons ensemble, mais en plus nous serons associés » ! Je lui réponds par la négative je suis sur mon projet.

Fin d’année 2020, l’idée avait ENFIN fait son chemin ! Je me suis dit « je n’ai rien à perdre », si ça ne me plait pas, ou que ça ne fonctionne pas, je pourrais toujours retourner d’où je viens, et reprendre mon projet ! Donc je valide ma participation au projet et nous donnons naissance de LLUM !

Donc finalement, j’en suis depuis le début, mais il a fallu que je l’intègre, que j’aille à mon rythme et que je prenne vraiment conscience que j’en avais envie !

Aujourd’hui, LLUM a eu la reconnaissance du département, le prix Alfred Sauvy au bout de 6 mois d’existence, et tout ça a été un véritable accélérateur. Ce prix nous a d’ailleurs permis d’acquérir de la notoriété locale, mais aussi une crédibilité auprès des professionnels, ce qui fait que notre clientèle est à présent composée à 50 % de particuliers, mais aussi 50 % de professionnels, en gros. Nous sommes 5 salariés et 2 associés, en deux ans, nous sommes très contents des résultats et de l’évolution. Nous avons dépassé toutes nos projections !

Quel a été l’élément déclencheur à ce virage professionnel ?

Je pense que j’ai vraiment été impactée par la période COVID, comme beaucoup. En réalité, cela faisait 2 ans que ce métier ne me correspondait plus totalement. L’agence que je dirigeais appartenait à un groupe national, et je n’étais plus en phase avec toutes les décisions prises, mais mes fonctions m’imposaient de les exécuter.

Au retour des aléas COVID et confinements, il a fallu remettre en route la machine, remettre les intérimaires en poste, il y a aussi eu le déménagement de l’agence… Une décision de la direction a été la goutte d’eau, et je leur ai donc annoncé que je m’occuperai du déménagement de l’agence, mais que nous allions en rester là, car je n’étais plus en accord.

J’ai eu le courage de dire STOP, même si je ne savais pas où j’allais. J’avais un minimum de confiance en moi pour me dire « je m’en sortirai », même si ça faisait 15 ans que j’étais en poste, dans un certain confort, et que j’avais aussi beaucoup de peurs !

Avec mes employeurs, nous nous sommes séparés proprement, intelligemment et à l’amiable, avec beaucoup de respect mutuel.

L’idée avec ce départ, c’était de quitter le secteur d’activité RH et intérim ?

Le secteur d’activité oui, mais peut-être aussi le besoin de quitter le système « grosse structure nationale ». Je n’étais pas forcément dans un besoin de création d’entreprise moi-même, c’est venu ensuite dans mes réflexions et face à l’opportunité, avec « et maintenant, que vais-je faire ». Je pense que c’est vraiment un enchevêtrement et une évolution de mes valeurs. Et puis, j’avais fait le tour !

Ce nouveau projet professionnel était-il évident pour toi/comment s’est-il finalement imposé ?

Ah non, rien d’évident, tu l’auras bien compris ! J’avais alors 42 ans, se présente ce projet avec LLUM, et tout s’est mis en place en douceur. J’étais d’abord un soutien, puis un soutien actif, puis j’ai adhéré au projet, le tout sans pression particulière. David est très doué pour ça : dès le départ, il imaginait que l’on partirait ensemble dans cette aventure, mais il m’a laissé le temps de mûrir le projet, d’être prête à m’y lancer, de prendre les risques que je devais prendre, etc.

Et puis, à 42 ans, quand tu prends un virage vers un métier que tu ne connais pas, c’est quelque chose ! Il y a peu de temps, quelqu’un m’a dit « ah oui, la montagne était ardue, vous vous êtes lancés sur un projet de dingue, vous avez eu du courage » : je lui ai répondu que si nous avions vu la montagne d’en bas, nous ne serions jamais montés tout en haut ! Les choses se font petit à petit, tu gères le quotidien, au jour le jour, et tu finis par arriver à destination. Le tout, c’est de le faire avec intelligence et calmement. Quand c’est le moment de quelque chose, les planètes se placent d’elles-mêmes !

T’es tu fait accompagner et/ou as-tu suivi une formation dédiée ? Si oui, dans quel domaine ?

Pas du tout ! C’est un enchainement de rencontres, de réflexions et d’alignements. Sur la partie technique, je me suis formée sur le tas, avec mon associé David, mais aussi avec un fournisseur d’électricité lyonnais, qui a un concept similaire au nôtre, si ce n’est que lui a développé la production en amont, avant de monter le volet fournisseur, alors que nous, nous avons fait l’inverse. Suivre leurs expériences m’a beaucoup aidé.

D’ailleurs, à terme avec LLUM, nous voulons développer la production sur le territoire, développer en circuit court, pour permettre aux gens d’avoir accès à l’électricité à un prix compétitif, le tout dans une démarche vertueuse d’énergies renouvelables. D’ailleurs, petite parenthèse, la crise énergétique de 2022, nous ne l’avions ni vue venir, ni anticipée ! Donc sur le point du prix, avec des achats faits en amont (nous avions négocié nos prix près d’un an avant), nous avons pu proposer des tarifs cohérents, là où certains avançaient du x10 à leur client. La crise de 2022 a aussi été un accélérateur pour nous, et nous a permis d’acquérir la confiance de nos clients.

Quelle a été ta plus grosse erreur dans la conduite de ce changement ?

Une chose me vient, mais elle reste plutôt personnelle.

Je pense que je n’ai pas géré l’équilibre vie personnelle/vie professionnelle, qui faisait aussi partie de mes objectifs lors de ma rupture professionnelle. Je me souviens d’une conversation avec David, sur un parking, au moment de monter le projet, nous voulions plus profiter de la vie, arrêter de travailler de 7 heures à 20 heures, et retrouver un équilibre pro/perso… Oui bah on en rit encore de cette discussion !

Je me suis retrouvée assez frustrée au printemps dernier face à ça. Au bout de presque deux ans d’activités, je me disais « ça ne va jamais s’arrêter, je n’arriverai pas à me retrouver moi » ! Alors il y a la vie de famille, parce que j’ai un pré ado à la maison, et un compagnon, qui lui aussi est à la tête d’une entreprise de 45 personnes, donc ce n’est pas triste non plus, et moi qui ramène encore d’autres choses à la maison… J’ai fait un STOP, j’ai posé les choses, j’ai analysé, et je me suis projetée. J’ai finalement accepté l’idée que, quand tu montes un projet, il y en a pour 4 à 5 ans pour avoir des bases solides en place. Pendant ce laps de temps, tu es en construction pour ton avenir, et à un moment donné, les choses finiront par se stabiliser, parce que justement tu auras posé de bonnes fondations. J’ai donc accepté cet état de fait, et je fais tout pour suivre cet objectif, de façon à me dégager un peu plus de temps dans l’avenir.

Quelle a été ta plus grande réussite dans la conduite de ce changement ?

Je dirai deux choses.

La première, avoir le courage d’entreprendre ! Bon, je l’ai fait aussi parce que nous étions deux à nous lancer dans cette aventure, le courage, nous nous l’apportons mutuellement. J’avais certes mon projet de coaching initial, mais je ne le voyais pas au même niveau. Et nous avons atteint ce niveau parce que notre association fonctionne, notre répartition des tâches, notre optimisation et notre confiance, le tout va dans le bon sens.

La deuxième, c’est d’adhérer à un management qui n’est pas celui que l’on m’a inculqué, avec beaucoup plus de bienveillance, de bien-être au travail… J’ai toujours été dans l’écoute, dans l’objectif que chacun se sente bien à son poste, mais aujourd’hui, je suis beaucoup plus libérée sur ces sujets, je n’ai plus de barrières. On rit beaucoup, on travaille beaucoup, mais dans la bonne humeur, et j’ai une équipe qui est totalement inscrite là-dedans !

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à concilier pour mener à bien ce projet ?

J’en reviens à l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle. Être là pour mon fils, pour mon conjoint, pour ma vie de famille, tout en étant présente pour l’entreprise, mon équipe… Heureusement, je suis quelqu’un d’extrêmement organisé, c’est ce qui me sauve !

Qu’as-tu gagné à mener ce projet LLUM ?

De la confiance en moi, du développement de moi-même : j’ai grandi personnellement. Bon, disons-nous les choses, quand tu arrives à 40 ans, tu sais ce que tu veux, et ce que tu ne veux plus, et j’ai trouvé que cet âge était incroyable pour ça justement !

Le projet LLUM m’a permis de me rendre compte de quoi j’étais capable. J’étais face à un questionnement où je ne me voyais plus être responsable d’une équipe, d’une entreprise, je ne me voyais plus à ce type de fonctions, je n’avais plus l’envie… Et finalement, je suis faite pour ça ! Je l’ai conscientisé à présent, c’est vraiment quelque chose qui me correspond, qui m’apporte, mais que je rejetais pour d’autres raisons.

Aujourd’hui, estimes-tu avoir réussi ta reconversion ?

Ah oui, 100 %, oui ! Je me régale, je ne regrette absolument pas mon ancien métier ! J’ai une équipe d’enfer, des clients qui nous font confiance, un associé qui est comme un frère. Je suis bien à ma place !

Carine Roda : Inspirations

Où te vois-tu dans 10 ans ?

Sur le plan professionnel, je me vois au sein d’une structure un peu plus étoffée en termes d’équipe, donc nous nous serons bien développés, avec un dimensionnement de groupe, puisqu’aujourd’hui nous voulons développer la production d’électricité.

Sur le plan personnel, j’espère avoir acquis un équilibre qui me permette de m’accorder du temps pour moi ! Mon fils aura 21 ans, donc nous serons sur d’autres préoccupations.

Dans tous les cas, ce sera toujours avec l’aventure LLUM en toile de fond : aujourd’hui c’est un bébé de deux ans, il faut l’emmener à 20 ans, pour qu’il soit autonome, et que je puisse prendre ma retraite ! D’ici là, ça devrait me tenir largement occupée !

Quelle est ton héroïne dans l’Histoire, et pourquoi ?

Quand on me parle de femmes qui ont fait l’Histoire, la première à laquelle je pense, instantanément, c’est Simone Veil. C’est une femme au parcours incroyable, à la vie incroyable.

Mais ma grande héroïne dans mon histoire personnelle, c’est ma mère. C’est une femme extraordinaire, qui s’est retrouvée dans un pays qu’elle ne connaissait pas, où elle a dû apprendre une nouvelle langue… Elle s’est mariée avec un Espagnol, comme elle, ils ont ensemble travaillé durs pour nous offrir, nous leurs trois enfants, une meilleure vie. Ma mère m’a toujours poussé, pour travailler, pour essayer, et on verra bien ! Oui c’est mon héroïne.

Quelle faute t’inspire le plus d’indulgence ?

C’est une faute qui est liée au fait d’avoir essayé, même si finalement tu n’y es pas arrivé. J’ai d’ailleurs une phrase de ma mère à ce sujet, qui a énormément de dictons du genre : il n’y a que le boulanger qui peut brûler le pain. J’adore cette phrase ! Il n’y a que celui qui fait qui peut se tromper, donc à partir du moment où tu essayes quelque chose, c’est noble et respectable.

As-tu un mantra/une devise/un dicton/une citation qui te motive ou qui te guide ?

On la garde : il n’y a que le boulanger qui peut brûler le pain !

Cette phrase me suit depuis mon enfance. La thématique est forte, car mon oncle, duquel j’étais très proche, était boulanger !

Que dirais-tu à la femme que tu étais il y a quelques années, avant d’amorcer ce changement de vie professionnelle ?

N’aie pas peur, fonce !

J’avais pourtant tellement peur de l’avenir, et j’ai trainé ce désir d’ailleurs pendant deux ans… Et puis un jour, j’ai eu le déclic ! C’est aussi croire en sa bonne étoile, croire en soi, et à partir du moment où tu fais les choses bien, que tu te donnes les moyens aussi, il ne peut que se passer quelque chose. Il faut avoir confiance et être en accord avec soi-même.

Quelle est LA chanson qui te motive quand tu as le moral dans les chaussettes ?

C’est une question très difficile pour moi ! Je suis très musique, très danse, et très hétéroclite, et ce depuis toute petite. Je peux passer du flamenco au RnB, de la chanson hyper triste à la chanson plus speed… C’est très dur de te donner un titre… Disons qu’en ce moment, j’écoute Pop Corn Salé !

***

Je suis très admirative de ces parcours non linéaires, ou des femmes courageuses, en dépit des convenances, des attentes, et des obligations, bousculent le schéma dans lequel elles se trouvaient. J’espère que tu auras aussi trouver de l’inspiration et de l’écho dans son parcours.

Si tu souhaites en savoir plus sur LLUM et ses activités, c’est par ici, et si tu veux suivre ou contacter Carine, c’est par là !

Un grand merci à Carine de s’être prêtée au jeu de l’interview de La Cheftaine ! Et j’adore le mantra du boulanger, je vais très certainement le lui piquer !

Enjoy !

 

La Cheftaine, le blog dédié aux femmes du 21ème siècle

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