Femmes entreprenantes : Sandrina, créatrice de la marque de cosmétiques naturels DI NINA

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Aujourd’hui, j’inaugure avec Sandrina, fondatrice de la marque de cosmétiques naturels DI NINA, un nouveau format : l’interview de femmes entreprenantes !

En effet, durant ma petite traversée du désert intérieure – où je me suis posée BEAUCOUP de questions et où j’ai ouvert mon champ des possibles – je trouvais un certain réconfort à rencontrer des femmes qui avaient engagé un projet, une action, une entreprise… ça me démontrait que c’était possible, et ça me poussait à allput your hands uper de l’avant !

Aussi, grâce à ces interviews, je veux reproduire cette impulsion ! L’objectif est donc simple : partager avec des femmes entreprenantes, la concrétisation de leur projet, l’exploration de leurs doutes, et leur capacité à aller de l’avant ! L’idée est que toi aussi, derrière ton écran, ça te motive à te mettre en mouvement, quel que soit ton projet ! 

Je remercie vivement Sandrina d’avoir bien voulu jouer les cobayes, et de s’être prêtée au jeu de cette première interview !

Sandrina, je l’ai rencontré lors d’un de ces hasards de la vie… Elle est lumineuse, elle est avenante, et tu as spontanément envie d’aller vers elle ! Elle a changé de vie : elle est passée de l’industrie pharmaceutique à la création de cosmétiques naturels, le tout sans même savoir faire le grand écart 🙂 ! Son parcours m’a inspiré, sa force est encourageante, et son histoire mérite d’être partagée.

Sandrina DI NINA

Présente-toi : dis-nous qui tu es, d’où tu viens et ce que tu fais ?

Je suis Sandrina, Morizon de mon nom de mariée, je suis originaire de Corse du sud, et je vis depuis maintenant plus de 15 ans dans le Roussillon, du côté de Perpignan. J’ai 47 ans, je suis donc mariée, j’ai deux filles de 17 et 21 ans, et ma vie aujourd’hui se partage entre la Corse et Perpignan.

La Corse, où vraiment, j’ai un projet de cœur qui s’est mis en place en 2017. J’ai créé avec ma sœur, une marque de cosmétiques à l’immortelle de Corse, une fleur sauvage. Plus qu’une marque de cosmétiques, c’est vraiment une aventure familiale, qui m’a permis d’avoir ma vie partagée entre Perpignan et la Corse, et c’est aussi une passion ! La connexion à la nature est très importante pour moi…

Ma mission : prendre ce que la nature nous donne, et le mettre en flacon ! C’est aussi montrer, qu’à côté de nous, dans notre nature environnante, on a des pépites ! J’essaie de faire la même chose avec le Roussillon, puisque après une gamme à la fleur d’immortelle de Corse, nous développons une gamme à l’huile d’abricots du Roussillon, qui est également un actif extraordinaire.

Présente-nous ton entreprise : c’est quoi et depuis quand ?

DI NINA c’est une aventure qui a commencé en 2014 exactement, quand j’ai quitté mon ancienne vie professionnelle, puisque j’ai passé 15 ans dans l’industrie pharmaceutique, dans un gros laboratoire américain.

Les aléas ont voulu qu’un plan social m’engage réfléchir sur ma vie et mon avenir professionnel. Et donc, j’ai décidé en 2014 de repartir sur un nouveau projet ! A l’approche de la quarantaine, j’avais fait le tour de mon ancien métier, j’avais besoin de me connecter à quelque chose qui me ressemblait plus… De là est donc revenu mon « côté nature » ! Je suis biologiste de formation, et j’avais fait un peu le tour du médicament, de la chimie, etc. J’avais envie de me replonger dans mes racines, les vertus des plantes, et de tout ce qui est gardé de manière ancestrale : tous ces secrets et recettes de beauté, qui sont transmis de générations en générations ! S’ils continuent d’être transmis, c’est que quelque part ça marche, et parfois, on a des petites choses qui sont là, depuis toujours, et qu’il faut remettre en lumière.

Quel a été l’élément déclencheur à ce projet ?

Ce fut un séjour en Corse, avec ma sœur, qui y est toujours installée, où vraiment je me posais la question de mon avenir… Je savais ce que je ne voulais plus, que mon métier ne me convenait plus, je savais que je voulais garder une certaine indépendance, je voulais créer quelque chose… Ce qui a fait tout basculer, c’est vraiment la fleur d’immortelle qui était présente sur le terrain familial, qui était là, avec une demande professionnelle de ma sœur, esthéticienne, qui disait « il faut faire quelque chose avec cette fleur… je veux la travailler en soin à l’institut, mais aujourd’hui, je ne peux pas !« , et là elle me dit « mais toi tu peux le faire en fait, t’as la formation pour, fais-le !« . Tous ça mit bout à bout, ça fait effet cocktail !

Sincèrement, je ne pensais pas créer une marque, je pensais développer la plantation d’immortelle, la vendre à des maisons de cosmétiques déjà bien implantée, être dans la nature, et me reconnecter à mes racines. Mais finalement, les choses se sont présentées ainsi, avec un besoin existant, une demande de ma sœur avec son institut, et de fil en aiguille, j’ai créé une eau florale, puis un sérum, et de là j’ai continué. Je n’ai finalement pas planifié les choses et le lancement de la marque DI NINA !

T’es tu fais accompagner et/ou as-tu suivi une formation dédiée ? Si oui, dans quel domaine ?

J’ai effectivement eu la chance d’être accompagnée par le plan social de mon ancien employeur, qui m’a permis de partir en formation agricole, pour reprendre le contact avec la terre, la distillation, l’extraction douce, la culture des fleurs aromatiques… c’était vraiment une formation pour repartir avec des compétences qui me manquaient.

Mais aussi de suivre un programme en école de commerce, de management d’entreprise, sur la création, la gestion, le marketing… Tout ce qui permet à une entreprise de tourner au quotidien ! Même si je viens d’une famille d’entrepreneurs, et qu’être à mon compte n’était pas un problème du tout, créer une marque de cosmétiques, monter une société, etc. nécessite d’être un minimum accompagnée, et d’avoir recours aux bonnes personnes ressources.

Quelle a été ta plus grosse erreur dans la conduite de ce projet ?

La plus grosse erreur, je pense, c’est de ne pas y croire ! C’est de te laisser embarquer par les autres et les « on dit » !

Quand tu es dans des moments de doute… parce quand tu crées ton entreprise, tu as de l’énergie, de la créativité, de la vitalité… mais il y a aussi des moments de fatigue et de doute ! Et dans ces moments-là, il ne faut pas pas se laisser embarquer par des gens qui disent « ah bon, mais tu vas courir entre la Corse et le Roussillon« , « Tu avais un job hyper-confortable… tu gagnais bien ta vie… mais t’es folle de te lancer là-dedans!« , les parents qui doutent énormément aussi, parce qu’ils s’inquiètent… Il faut aller au-delà de ça !

L’erreur à ne pas faire : ne pas écouter les autres, de s’écouter soi, et d’y croire !

Quelle a été ta plus grande réussite dans la conduite de ce projet ?

Ma plus grande réussite a été de vraiment faire de ce projet, un projet familial. De réunir ma famille autour de ça !

Ma sœur fait partie du projet, elle teste les produits, me fait les retours terrain, elle est un GRAND soutien moral, et me file un coup de main dès que nécessaire. Elle me permet d’y croire !

Il y a mon mari aussi, qui m’aide pour les photos, les supports visuels, il m’aide pour la logistique, les montages de stand… Il est toujours là, en soutien ! Mes filles également s’impliquent beaucoup, surtout pour les opérations de collage d’étiquettes ! Mon père m’a confectionné les présentoirs en liège, ma nièce… tout le monde vient à la cueillette… Ils ont tous finalement adhéré à ce projet et chacun a trouvé sa place, alors qu’au début, ce n’était pas l’évidence même !

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à concilier pour mener à bien ce projet ?

Ce qui a été difficile, c’est le financier, la sécurité financière. C’est aussi d’apporter un projet sans visibilité, surtout quand on sort du monde du salariat, tu ne sais pas où tu vas… Pour moi, ça a été aussi de la culpabilité, on se dit « et si ça ne marche pas« … Tu prends des risques en fait…

Aujourd’hui, DI NINA est en place depuis 6 ans, donc je pense pouvoir dire que j’ai installé la marque. Je m’étais donnée trois ans pour, soit mettre quelque chose en place et réussir, soit refaire mon CV et repartir dans le salariat. Ce qui est dur sur ces trois ans, c’est les doutes, sur ton chiffre d’affaires, tes clients, tes actions… Et là, tu auras toujours quelqu’un qui te diras « bah t’avais qu’à garder ton job hein ! » (Coucou les relous qui sont toujours-là partout 😉 !!)

Heureusement, mon mari a toujours été au top, il n’a jamais fait de réflexion là-dessus, au contraire ! Mais moi j’avais de grosses préoccupation sur le financier, et le soutien de l’entourage et de la famille, sur le plan moral, est très important.

Si on est seul, c’est plus compliqué, parce qu’aujourd’hui, c’est difficile d’entreprendre seul en France. La chance que j’avais aussi, c’est que je sortais d’une entreprise, avec un management à l’américaine, où rien n’est un échec, tout est une réussite. Si tu loupes, tu loupes, tu as testé, et la fois suivante ce sera mieux ! Ce n’est pas la même logique en France : soit tu te plantes, et là tu auras droit à « je le savais qu’elle allait se planter« , ou soit tu réussis, et là « elle va s’en mettre plein les fouilles » ! C’est caricatural, mais la mentalité et l’éducation de ce côté-là, ne sont pas du tout les mêmes.

Il ne faut pas tomber là-dedans, s’entourer des bonnes personnes, et y croire ! Tu gagnes tellement en liberté !

Aujourd’hui, estimes-tu avoir réussi ta reconversion ?

Ah oui oui oui ! Complètement ! Je ne ferai pas marche arrière, je me sens tellement bien aujourd’hui !

Le plan social a été très difficile à vivre moralement, beaucoup d’interrogations et de sentiment d’injustice, d’inutilité aussi, et de doutes sur l’avenir… Donc ce fut un tableau noir ! Et aujourd’hui, je dis MERCI, parce que grâce à ça, je me suis lancée, j’en ai tiré du positif. Peut-être que sans ce plan social, je serai restée dans ma boîte, et rien n’aurait évolué. Pour moi, ça a été un mal pour un bien finalement !

Ce plan social a été mon impulsion, je n’avais rien à perdre, j’avais deux ans d’accompagnement, et j’ai décidé de les optimiser à 100 %. J’avais décidé de le prendre comme une expérience positive, « il faut y aller » !

Où te vois-tu dans 10 ans ?

Dans 10 ans… Je me dis que l’aventure n’est pas terminée, que DI NINA est une marque qui peut aller au-delà de la cosmétique ! Cela peut ouvrir des portes sur le bien-être, l’accompagnement, la formation… Dans 10 ans, je serai toujours entre la Corse et Perpignan, et peut-être même une 3ème destination, mais toujours un pied en Corse !

Je ne vois cependant pas DI NINA comme une marque internationale, elle restera une marque de proximité, de niche, avec de beaux actifs, une marque de qualité. Mais elle peut développer d’autres produits ou offres complémentaires à la cosmétique… Je ne sais pas trop finalement, mais ce que je sais, c’est que j’aurais un pied en Corse, et que DI NINA sera toujours là !

Je laisse la place à la vie, je n’ai pas de plan échelonné ! Tout est possible dans la vie !

Quelle faute t’inspire le plus d’indulgence ?

La faute d’ignorance : on ne peut pas tout savoir, et par conséquent, on peut tout recevoir !

As-tu un mantra / une devise / un dicton / une citation qui te motive ou qui te guide ?

Chaque journée est pleine de surprises, et de cadeaux de la vie.

Quelle est LA chanson qui te motive quand tu as le moral dans les chaussettes ?

France GALL « Résiste » !

***

Je remercie à nouveau Sandrina pour son partage d’expérience, sa sympathie et sa bienveillance. J’espère que, chère lectrice, cela t’encouragera aussi, écoute-toi !

Si tu veux en savoir plus sur sa marque et ses produits, tu peux suivre Sandrina sur Instagram bien-sûr, et aussi jeter un œil sur son site Internet.

Longue vie à DI NINA !

Enjoy !

La Cheftaine, le blog dédié aux femmes du 21ème siècle

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2 réponses

  1. BRAVO la cheftaine ! J’adore j’ai tout lu le dernier interview extra ! Je vais en parler à mes meilleures copines à bientôt.

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