Le jour où j’ai compris que je n’avais pas « besoin » de mon conjoint !

Le jour où j'ai compris que je n'avais pas besoin de mon conjoint pour être épanouie

Bien le bonjour !

Oui, je sais ce que tu te dis « en voilà un titre racoleur » ?! Rassure-toi, je ne compte pas te faire l’apologie d’un quelconque mode de vie, ni inaugurer une rubrique conseils sexo ! Et je ne me suis pas non plus levée ce matin, regardant mon mec, en me disant « qu’est-ce que je fais là bordel » !

Aujourd’hui, je veux te parler de toi, enfin de moi, de toi à travers moi, ou plutôt du jour où j’ai compris que je n’avais besoin de personne (… »en Harley Davidson« … Oui, j’assume 🙂 ! ), mais que j’avais surtout besoin de moi. Et donc que toi, tu as besoin de toi-même ! M’enfin faut suivre ! Que tu coches la case « en couple« , « célibataire » ou encore, la merveilleuse « ça dépend, ça dépasse« , tu vas certainement te retrouver dans ce que je vais te dire aujourd’hui.

Donc, au commencement, il y a l’idée du couple, et de la projection centrale que ton éducation t’en fait. Que ce soit dans les Contes de fée, les anecdotes historiques, ou encore ton charmant syndrome de l’imposteur, c’est toujours le même message sous-jacent : tu as besoin de quelqu’un à tes côtés Micheline ! Et bien, je vais te détendre la pastille, parce qu’en vrai de vrai, Micheline, 1/ tu n’as besoin que de toi ET 2/ la vie de couple n’est pas une fin en soi !

Avertissement : ceci est un billet qui se lit dans un contexte de vie de couple équilibrée et respectueuse, et qui te semblera bien futile face aux violences conjugales. Sur ce dernier point, je te renvoie vers le violentomètre des violences faites aux femmes précédemment évoqué, et surtout vers le numéro d’écoute 3919. 

Le couple : une construction de ton éducation

D’aussi loin que je me souvienne, il m’a toujours été demandé si j’avais un amoureux à l’école ! ça parait dingue, mais oui, je me souviens de ce type de demande dans ma toute petite enfance. Cette question, elle m’était posée par tout type d’adulte, de la vieille tante décalée, au collègue potache. C’est curieux quand on y pense, cette obsession de la vie de couple distillée dès la maternelle… Et puis, dans tous tes Disney de l’époque (mais oui, où « c’était mieux avant » selon tata Lucienne ! ), à la fin, ça finit bien parce que la jeune fille en fleurs, elle retrouve son amoureux (et « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants« … nianianiania… 10 ans de thérapie à prévoir !).  Oui, dès l’enfance, tu es conditionné(e) à avoir un amoureux(se) ! Et moi, je te parle de mon point de vue de femme hétéro, je n’ose imaginer les brouillements intérieurs de la personne qui n’est pas attirée par le sexe opposé.

A l’adolescence, ce n’est pas mieux non plus. En pur produit de la génération Y, je me suis farcie tout un tas de comédies romantiques et séries TV, dont le fil conducteur consiste à trouver l’amour, et tu n’es pas normal(e) si ce n’est pas ton objectif ! Quand je pense à cette pauvre Ally McBeal, qui doit encore errer dans les rues, seule et sans partenaire, la malheureuse… Et puis, on perd un temps fou à tenter de trouver l’Amour, sans compter le temps aussi perdu à te complexer pour tout ! Bridget Jones en fait d’ailleurs un journal et Carrie Bradshaw finit par céder aux sirènes de la relation toxique ! Il y a tellement de films clichés, que je pourrais te faire un billet chaque semaine rien que sur ce sujet : toute ta vie est conditionnée par l’idée que tu DOIS finir en couple pour AVOIR une vie épanouie et réjouissante.

Et puis, pire du pire de la culpabilité originelle, la relation de tes parents. Ils sont séparés ? Toi, tu ne veux pas revivre ça, tu veux faire mieux, et place la réussite de ta vie amoureuse comme LE but à atteindre ! Ils sont ensemble depuis des lustres ? Tu as tellement idéalisés leur union, qu’ils est évident pour toi que ta vie amoureuse DOIT s’installer dans la durée, parce que c’est ton modèle ! Ou bien encore, leur relation est difficilement qualifiable, tellement ils sont relous ? Tu FUIS toute forme d’engagement parce que leur union est affreuse ! Cling… Cling… Cling… T’entends le bruits des casseroles qui trainent derrière ? Bref, comme le disais Freud, pour élever ses enfants « Faites ce que vous voulez, ce sera toujours insuffisant« … Autrement dit, il arrive un moment où tu dois te déconstruire, te décharger de tout ce poids inconsciemment transmis, et dépasser bien des choses.

La mariée pas épanouie

Je te fais une confidence : j’ai été cette personne, persuadée que réussir dans la vie impliquait nécessairement d’avoir une vie de couple. Etre seul(e) c’était pire que tout ! J’ai été cette personne qui regarde le/la célibataire de l’assemblée en lui souhaitant de rencontrer enfin quelqu’un… J’ai été cette personne au 36ème dessous, à me demander ce qui n’allait pas chez moi, et pourquoi mon couple ne tournait pas rond… J’ai été cette nénette névrosée, dans le jugement, dans le mal-être, et dans le BESOIN d’autrui pour construire sa vie ! Eh bien maintenant, j’ai intégré que c’était un choix de vie.

Le couple : du besoin au désir de l’autre

Tu veux un scoop : la vie de couple n’est pas une fin en soi ! On peut être heureux en couple, oui, mais on peut aussi être malheureux comme les pierres à deux, tout comme on peut vivre sa meilleure vie seul(e) ! Et puis, au-delà de tout ça, je ne pense pas que ta vie doit se résumer à ton couple. Il est important d’exister par soi-même, POUR soi-même, de cultiver tes propres centres d’intérêts, qui ne sont pas nécessairement ceux de ta moitié. 

Après des mois (des années !) de déconstruction, j’ai compris un truc fondamental : j’ai un besoin de reconnaissance. La vie de couple, telle que je me la projetais, impliquait d’avoir quelqu’un qui m’admire à mes côtés, qui reconnaissent mes réussites, et les valide (entre autre !). Le tout réciproquement bien entendu. La personne qui partage donc ma vie devait avoir autant BESOIN de moi, que moi j’avais besoin de lui. Sauf que dans une relation d’interdépendance, ça pédale dans la semoule Micheline !

Je suis récemment tombée sur une interview de Michèle Laroque, et elle a tenu des propos qui ont fait écho en moi : quand tu ne t’aimes pas, tu cherches ta valeur dans le regard de l’autre. C’est exactement ça ! J’étais tellement complexée, que j’avais un besoin viscéral d’approbation de mon entourage, et surtout de mon partenaire. En définitive, pour réussir à pleinement aimer, il faut déjà s’aimer soi-même. C’est tout comme l’adage « pour prendre soin des autres, il faut savoir prendre soin de soi« .

S'aimer soi

Michèle Laroque complète l’entretien en disant « Le couple idéal, ce sont deux personnes qui n’ont pas besoin l’une de l’autre, mais qui ont ENVIE d’être ensemble« . Je trouve la formule élégante, et l’approuve complètement ! Outre les  grands sentiments, les valeurs communes et tutti quanti, la relation de couple repose aussi sur l’estime de soi, sur la confiance en soi. Je pense avoir réussi à dépasser mes propres complexes, et à m’accepter telle que je suis, notamment grâce à ce blog, et à dépasser mon « besoin ». Le couple, à la base, c’est un désir de l’autre, pas un besoin. A partir du moment où le besoin devient supérieur au désir, il est temps de s’interroger sur ce qui coince.

Le couple : un choix conscient

A mon sens, le couple doit donc reposer sur un désir, un choix conscient de partager avec l’autre. Que ce soit une nuit, une vie, une maison, une famille… Les deux individus constituant ce couple doivent fondamentalement en avoir envie ! C’est évident quand tu le dis à voix haute, et c’est d’ailleurs exactement le même débat que pour le consentement. A partir du moment où tu as un doute, c’est qu’il y a un quelque chose qui cloche… Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup !

Alors oui, tout n’est pas toujours tout rose au pays du couple. Et oui, il y a des périodes où ton désir, il est clairement enfermé à double tour au fin fond de la cave ! Et c’est OK ! Chacun a le droit de ne pas être en phase avec l’autre à un moment donné, sans que cela ne vienne tout remettre en cause non plus. Globalement, tant que cette envie mutuelle de continuer à avancer ensemble est toujours là, quelque part, il me semble que ça peut continuer de fonctionner.

D’ailleurs, pour continuer à partager avec l’autre, il faut continuer d’avoir matière à partager, CQFD ! Valeurs communes, certes, mais aussi des réussites et péripéties du quotidien, des projets, des aspirations, une vision de l’avenir, du soutien, mais aussi du respect et de l’acceptation, et une certaine intimité aussi. D’où l’intérêt d’exister par soi-même, pour avoir de quoi échanger avec l’autre.

Together

Parfois aussi, la vie fait que chacun évolue dans des sens différents. Les projets ne sont plus les mêmes, les priorités diffèrent, les aspirations ne sont plus en phase… Et bien c’est moche, mais ce n’est pas grave. Ce n’est pas la fin du monde, et ta vie ne sera pas un échec parce que ton couple se pète la gueule ! Une personne aux conseils avisés m’a un jour dit « une séparation, c’est tout sauf facile, c’est même très difficile ! », et elle a tout à fait raison. Parce que se séparer, c’est prendre conscience et intégrer qu’il n’y a plus de désir à rester ensemble, et s’autoriser à se projeter dans une autre voie. D’ailleurs, je pense qu’il n’y a aucune position confortable sur le sujet : être celui qui prend conscience ou bien celui qui subit la perte du désir, quitter ou être quitté, lorsque tu es dans une relation reposant sur le respect et l’amour, c’est difficile. Se séparer, c’est la fin du couple amoureux, mais c’est aussi le début d’une autre relation. Il faut aussi, en conscience, décider de ce qu’elle sera (particulièrement lorsque la séparation implique des enfants)…

***

Après 50 ans de lutte féministe moderne, je n’allais pas te pondre un billet pour te dire que tu as besoin d’une personne dans ta vie pour te sentir bien ! Rappelons que le féminisme prône des valeur d’égalité, mais aussi de respect et de mieux-être.

Il n’y a ni chance, ni déterminisme dans la vie, il n’y a que des décisions que tu prends pour toi, au moment adéquat, et que tu assumes. Il n’y a que toi qui peux décider de ce que tu as envie de faire, de vivre, ou encore de ressentir. Avant de penser à être heureux(se) dans une vie à deux, commence d’ores et déjà à être en accord avec toi-même, il parait que ça coule tout seul ensuite !

Enjoy !

La Cheftaine, le blog dédié aux femmes du 21ème siècle

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